Alors que les jeunes générations sont souvent mises en avant dans les mobilisations pour le climat, une autre force agissante monte en puissance : celle des retraités. Au sein de gpclimat-fribourg, un collectif citoyen engagé pour la transition écologique dans le canton de Fribourg, les seniors représentent une part croissante des bénévoles. Nous avons interrogé Jean-Pierre Morel, 72 ans, coordinateur des actions de sensibilisation, sur ce que signifie concrètement l’engagement climatique à la retraite.

Jean-Pierre, comment en êtes-vous venu à vous engager pour le climat après votre vie professionnelle ?

J’ai travaillé quarante ans dans l’administration cantonale, principalement sur des dossiers de mobilité. À la retraite, j’ai ressenti un vide, mais aussi une urgence. Je voyais les rapports du GIEC s’accumuler, et je me suis dit : je ne peux pas rester les bras croisés. gpclimat-fribourg m’a offert un cadre pour agir concrètement, sans discours abstrait. Ici, on ne se contente pas de parler ; on organise des ateliers de réparation, des visites de fermes bio, et on milite pour une politique climatique locale ambitieuse.

Quelle est la spécificité de l’engagement climatique chez les retraités par rapport aux actifs ?

La principale différence, c’est le temps disponible. Un retraité peut consacrer plusieurs demi-journées par semaine à des actions de terrain. Mais il y a aussi une maturité d’analyse : nous avons vécu les mutations énergétiques des années 1970, les premiers débats sur le nucléaire, l’essor du tout-voiture. Cette expérience nous donne une perspective historique qui manque parfois aux plus jeunes. Chez gpclimat-fribourg, nous avons par exemple lancé un projet de « mémoire climatique » où des retraités témoignent des changements observés dans les paysages fribourgeois depuis leur enfance. C’est un outil pédagogique puissant.

Concrètement, quelles actions menez-vous au sein du collectif ?

Nous avons trois axes. D’abord, la sensibilisation : nous tenons des stands sur les marchés de Fribourg, à Bulle ou à Romont, pour expliquer comment réduire son empreinte carbone au quotidien. Ensuite, le plaidoyer : nous rencontrons régulièrement les élus communaux pour leur Replica Iwc Horloges soumettre des propositions concrètes, comme l’extension des pistes cyclables ou la création de jardins partagés. Enfin, l’entraide : nous avons mis en place un réseau de covoiturage solidaire entre retraités pour les trajets vers les hôpitaux ou les courses. L’idée est de montrer que la transition écologique peut aussi renforcer le lien social.

Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez dans votre engagement ?

Le premier, c’est le sentiment d’impuissance. Beaucoup de retraités me Replica Omega Constellation Relojes disent : « À quoi bon, les politiques ne font rien ? » Alors je leur réponds : regardez ce que gpclimat-fribourg a obtenu en deux ans : la végétalisation de trois places de parking en centre-ville, la mise en place d’un compost collectif dans une résidence pour seniors, et l’organisation d’une conférence annuelle sur le climat qui attire 200 personnes. Le deuxième obstacle, c’est la santé. Certains de nos bénévoles ont des mobilités réduites. Nous adaptons donc nos actions : des réunions en visio, des tâches administratives depuis chez soi, etc. L’important est que chacun trouve sa place.

Comment voyez-vous l’évolution de l’engagement climatique chez les retraités dans les années à venir ?

Je suis optimiste. La génération des baby-boomers est de plus en plus sensibilisée, et beaucoup ont des compétences précieuses : comptabilité, jardinage, pédagogie, relations publiques. Chez gpclimat-fribourg, nous accueillons chaque mois deux ou trois nouveaux retraités. Le vrai défi est de transformer cette énergie en actions durables. Nous travaillons par exemple à un partenariat avec les associations de locataires pour promouvoir l’isolation thermique des logements. Les retraités sont des relais d’opinion efficaces dans leur quartier, auprès de leurs voisins et de leurs familles.

Un dernier mot pour ceux qui hésitent encore à s’engager ?

Ne sous-estimez pas votre pouvoir. Un retraité qui change ses habitudes de consommation, qui milite pour un meilleur réseau de bus, qui plante un arbre dans son jardin, c’est un geste qui compte. Et quand on se regroupe comme chez gpclimat-fribourg, on devient une force avec laquelle les décideurs doivent compter. L’engagement climatique n’est pas réservé aux jeunes : il est l’affaire de toutes les générations, et les retraités ont un rôle clé à jouer.

L’entretien le montre : l’engagement climatique des retraités n’est pas un simple passe-temps, mais une contribution essentielle à la transition écologique locale. À gpclimat-fribourg, ils apportent leur temps, leur expérience et leur détermination, prouvant que la retraite peut être un âge d’or pour l’action climatique.

📅 Date: 2025-11-24 05:25:21
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